La technique du burin

 

 

Les outils

Plus que toute autre technique de gravure, la pratique du burin nécessite une table avec espace et lumière :

  • de l’espace, car l’outil doit rester dans la même position. C’est la plaque qui tourne et à cet effet, elle sera posée sur une planchette en bois et pivotera sur une petite pointe fichée dans la table.
  • la lumière doit être tamisée à l’aide d’un « écran transparent, constitué par un châssis en bois tendu de papier calque. Ce châssis est placé en biais (…) de manière à uniformiser et blanchir le jour qui tombe sur la table de travail », afin que la taille apparaisse comme plus sombre.

Les outils utilisés sont:

  • l’ébarboir (appelé aussi racloir ou grattoir [l’ébarboir] est une lame de section triangulaire et pointue)
  • le brunissoir,
  • la loupe
  • et le ou les burins.

 

 

 

 

 

L’ébarboir doit être correctement affûté pour qu’il n’y ait que peu ou pas de barbes laissées par la taille. Le passage du brunissoir nécessite huile ou salive afin d’éventuellement atténuer les tailles.

Les burins les plus utilisés sont les carrés ; ceux à lames en losange permettent des tailles plus étroites et plus profondes et ne servent que pour les traits droits car ils tournent mal. La grosseur des lames est indiquée par un numéro ; il en existe une douzaine. Le graveur a aussi à sa disposition des échoppes, reconnaissables au fait que l’une des sections est plate. On trouve des échoppes à ventre rond, ou triangulaire, à section ovale (appelées « onglettes »). Le plus courant est le burin de section carrée.

On peut graver au burin sur différents métaux. Le zinc sera choisi pour sa mollesse, l’acier pour sa dureté (mais on doit affûter son burin différemment), le cuivre réunit toutes les qualités, fermeté, souplesse, précision, résistance et bonne réaction à l’encrage. On dit que « le cuivre est très amoureux de l’encre ».

On peut aussi pratiquer les plastics, plexiglas et pvc, prix cheap et tendresse. Mais manque de « noblesse…

Impression

Avant l’encrage de la plaque, il est nécessaire d’humidifier le papier : celui-ci doit être suffisamment souple pour pénétrer dans les traits les plus fins.

L’encre, naturellement consistante, est préparée sur le marbre d’encrage avec éventuellement quelques gouttes d’huile cuite (standolie). La plaque est légèrement chauffée et l’encrage se fait à la spatule de caoutchouc de cuisine ou au tampon : ainsi, on fait pénétrer l’encre dans chaque taille. L’essuyage est la partie délicate : les blancs doivent être impeccables et les contrastes nets.

Dans un premier temps, une boule de « tarlatane » ou des feuilles de papier journal servent à enlever le gros de l’encre. On termine cet essuyage avec la paume de la main légèrement frottée éventuellement dans du blanc d’Espagne (ou de la poudre de craie) ; « c’est le paumage qui réclame une certaine habitude ; on doit sentir, en effet, par une sensation de la peau, que la paume accroche bien le métal ».

Pour compléter l’opération on essuie les tranches au chiffon propre afin d’avoir un pourtour (ou cuvette) impeccable.

On obtient ainsi une épreuve dite nature,« c’est-à-dire dont les noirs et les blancs correspondent exactement aux tailles et aux absences de taille de la plaque »

Le burin étant une technique trop longue, on a inventé l’eau-forte.

Puis l’aquatinte, plus rapide encore.

Ensuite, on a inventé la lithographie parce que c’est juste un dessin fait sur pierre, puis la photo, puis l’ordinateur…