« Plus de deux cents gravures ontété envoyées pour le Prix Idémédia-Trace de cette année, et trente retenues. Parmis celles-ci la moitié viennent de France, l’autre moitié de l’étranger (....).
Le thème du Concours était : la musique.(...)
Le deuxième Prix a été attribué à Jean Coulon. Son superbe burin tranche par la sobriété du titre (« Musique ») et la fascinante complexité de l’oeuvre. Ce graveur se révèle comme un véritable virtuose du noir et blanc. C’est plus qu’une vue cavalière sur les maisons d’une ville étendue jusqu’à l’infini.Cette vision perspective donne lieu à des variations graphiques minutieuses et délirantes, à un enchevêtrement très inventif de toits, de verrières, d’échafaudages, de lucarnes et de fenêtres, d’échelles, de tuyaux et d’instruments de musique habilement intégrés dans cette construction fourmillante.
Telle une fugue architecturale saturée de lignes entrecroisées, cette image symbolique imite visuellement la polyphonie orchestrale et monte audacieusement vers le silence d’un ciel tout blanc. »
(Claude Bouret in Les Nouvelles de l’Estampe, octobre 1993)
L’artiste belge Jean Coulon mène 2 activités de front. Il joue du tuba avec les « Corvi », drôles d’oiseaux en smoking qui donnent des spectacles à prétexte musical. Et quand il dépose son instrument de cuivre, il grave sur des plaques de ... cuivre.
Son oeuvre, présentée en ouverture de la galerie charmeysanne « Contraste », a des accointances musicales.(...)
Jean Coulon a un frère jumeau, Pierre, flûtiste et compositeur. Il voit dans la gémellité une forme particulière de communication : « les jumeaux ont une intelligence de type intuitive ». Il aime la lenteur du métier, dont les bases techniques sont inchangées depuis Albrecht Dürer. Un trait de burin n’a rien à voir avec un coup de crayon, il est réfléchi, pensé et invisible, caché par l’outil qui tenu horizontalement. Un détail en appelle un autre ; c’est le plaisir de la découverte dans la progression du travail.
« Tout ce qu’il y a à découvrir ! il faut faire confiance à son potentiel inconscient. Et c’est faire confiance à l’être humain ».
(Journal de La Gruyère, Suisse, mars 1995)
« Jean Coulon est un véritable poète. Chez lui, ce ne sont ni les mots ni les traits qui manquent, au contraire. Chez ce poète du noir et blanc c’est peut être de la profusion que se dégage cet enchantement, c’est peut être de ses variations graphiques minutieuses, de ses enchevêtrements que l’envie de pénétrer dans ce monde extravagant naît en nous. »
C’est en ces termes que M. Marc Baeken, Directeur de la Maison de la Culture de Dinant a présenté J. C. (...).
A 47 ans, l’artiste bruxellois a déjà fait ses preuves et jouit d’une renomée internationale, puisque des expositions l’ont conduit aux quatre coins du monde : des biennales de Ljubljana à celles de Florence en passant par Londres, Leipzig, Nürnberg, expos personnelles à Paris, Québec,Copenhague et bien entendu à Liège, Bruxelles, Gand, Mons, ...
Mariant la fantaisie et l’humour, l’artiste nous livre un échantillon en noir et blanc de ses élucubrations : le saxophone thoracique, le sax-mille-pattes, le saxo à plusieurs pavillons, ...
Intitulée « D’un Cuivre l’autre », cette exposition a le mérite d’être tout simplement géniale.
(Isabelle Montulet in La Nouvelle Gazette, août 1994)
Jean Coulon, chez ABC juqu’au 17, est une sorte de Swift (les voyages de Gulliver) – doublé du Thomas More de l’Utopie, concepteur de cités idéales et impossibles.
Chez lui, tout est d’une précision méticuleuse et d’une somptueuse irréalité : les instruments de musique (il affectionne le saxophone) se garnissent de moustaches, les villes se hérissent de vaisseaux, l’imagination prend son envol dans des sphères abritant fantasmes graphiques et sens narquois des concrétisations de ce bas monde.
(Revue AAA, novembre 1990)
JEAN COULON, graveur au burin est également excellent dessinateur.Il étudia chez Gustave Marchoul et, depuis 1975 il a pris son envol.
Expositions personnelles et collectives se succèdent tandis que – surdoué – l’artiste s’adonne à des activités de musiciens et de comédiens. Son univers est débordant, les instruments de musique, principalement les trompettes, tubas et saxophones se mêlent en un foisonnement cocasse et parfois inquiétant, où des fibrilles nombreuses font songer à des racines de lierre, à des rhizomes, à des poils de chenilles, à des bêtes inconnues qui surgissent dans une vieille souche ou sous une pierre.
Il y a de la drôlerie mais aussi la conscience de la dégradation des choses.
Mais l’artiste bâtit aussi des villes où tout s’enchevêtre, arcades, coupoles, escaliers, grues métalliques, cheminées d’usines, bâtiments de gare, entre quoi poussent, résolus, des palmiers et des cyprès.Parfois, dans ce fouillis de constructions désordonnées, vient se presser, triomphant, un voilier géant aux allures d’insecte myriapode.
(Stephane Rey, 1990)
Jean Coulon grave comme il dessine, il dessine comme il respire, il respire comme il voit et son regard est celui d’un philosophe amusé plus que révolté qui raconte, à la pointe du burin, des histoires anachroniques, baroques, des visions en noir et blanc surpeuplées, démultipliées, superposées.
Eternel joueur, il narre, grâce à une juxtaposition d’éléments parfois hétéroclites, les siècles qu’il traverse allègrement, les lieux qui se superposent inpunément.
L’équilibre plastique d’une gravure, avec ses noirs, ses blancs, ses hachures, est tout autant le sujet de l’image que l’image est prétexte à la virtuosité.
L’idée d’une gravure conçue, sa réalisation en modifiera pas à pas la conception – ainsi se crée l’oeuvre qui accompagne son créateur au-delà même de son projet initial, ainsi en va-t-il ded toute grande oeuvre plastique ou littéraire.
J.C. a participé à une douzaine de créations bibliophiliques aux éditions Commune Mesure, accompagnant des textes de Jacques Izoard, Jean Follain, Gisèle Prassinos ...
Du bois à la manière noire, en passant par l’eau-forte, Jean Coulon laisse parfois son burin pour un mariage de techniques bien approprié, qui ne paraphrase pas le texte mais exprime ses propres images.

