Article publié le 10/01/2016

A nouveau dans mon espace, le graveur et dessinateur belge Jean Coulon parce que les lieux où il donne à voir sa création sont des mines de trésors qui témoignent d’une technique impressionnante, d’un formidable esprit inventif, d’une conception complexe, humoristique, savante et poétique.
L’oeuvre, présente, réjouissante, tout à fait contemporaine, est aussi une sorte d’histoire vivante de la gravure. C’est très simple, quand on a eu la chance de voir cela, il faut en témoigner, il faut colporter l’oeuvre comme une bonne parole. Il faut partager le spectre des étoiles qui nous ont hallucinés.
Une gravure de Coulon, c’est ludique, savoureux, précis, farfelu. C’est exaltant, ce trait somptueux qui fonde successivement un arbre, une ramure, une forêt. Il y a de la merveille là-dedans. C’est un enchantement par virtuosité. Coulon, ce musicien et acteur, invente un trait qui joue.
J’aime cette habileté qui rit. Sur les travaux de Coulon flotte un vivifiant parfum d’intelligence, de maîtrise et de défi. Voici ce que j’aime dans un artiste : cette singularité convaincante, séduisante, cette puissante application et cet opulent talent à inventer l’inutile, à en faire oeuvre, chef-d’oeuvre.
Ceci fait songer aux joyaux des coffrets, aux manuscrits précieux, à la pérennité.